AFOC - Logement LE LOGEMENT SOCIAL EN DANGER

, par udfo03

De nos jours, à chaque fois que nos dirigeants nous parlent de réformes, c’est pour nous annoncer du pire et nous demander encore et toujours des sacrifices, tout en fustigeant notre "immobilisme" : comme s’il fallait être joyeux de se serrer la ceinture en se faisant plumer ! La réforme du logement ne fait pas exception :

Le 20 septembre, le gouvernement, dans le cadre de la Loi de Finances pour 2018, dévoilait ses projets concernant le logement social : après une diminution mensuelle de l ‘APL de 5 € concernant 6,5 millions de foyers aux revenus modestes dès le mois d’octobre, il annonçait une baisse de 50 à 60 € de l’APL, qui serait « compensée » par une baisse équivalente des loyers, demandée aux bailleurs du logement social.

L’AFOC est opposée à la baisse des aides personnelles. Le gouvernement veut faire croire aux locataires HLM que cette baisse des APL en 2018 leur sera favorable. En réalité, on leur ment et ils seront doublement pénalisés :

- d’une part leurs conditions de vie au quotidien vont rapidement se dégrader car les bailleurs face à la baisse des rentrées de loyer vont diminuer l’investissement dans la rénovation mais aussi les crédits pour entretenir les logements et les parties communes ;

- d’autre part ce manque d’entretien et la diminution des grosses réparations vont au bout de quelques mois faire augmenter les charges qui sont réclamées aux locataires.

En outre, cette mesure, si elle est prise, impactera de façon drastique les offices HLM . C’est le système de financement du logement social qui est déstabilisé. Pour compenser cette perte de trésorerie, le gouvernement propose

- une augmentation des loyers des locataires HLM les plus « riches » (ceux qui ne bénéficieraient pas de l’APL : notons que les locataires concernés ne représentent que 1% sur l’ensemble et que le produit de cette augmentation est reversé à hauteur de 85 % à l’Etat) ; et puis on sait bien que les locataires HLM ne sont pas des gens riches : s’agit-il alors de prendre aux « moins pauvres des pauvres » ?
- le gel du taux d’intérêt du livret A à 0,75% pour permettre aux bailleurs sociaux d’emprunter plus facilement et de se sur-endetter encore plus !

Les bailleurs les plus impactés seront ceux qui accueillent le plus de locataires bénéficiant de l’APL, c’est à dire ceux qui jouent pleinement leur rôle de bailleurs sociaux.

Notons que ces mesures touchant l’aide personnalisée au logement, destinées à faire faire des économies à l’Etat, de l’ordre d’1,7 milliards d’euros dans un premier temps, puis toujours à travers le projet de loi de finances de 1,5 milliard d’euros supplémentaires soit dès 2019 une économie de 3,2 milliards d’euros, est à mettre en parallèle avec la baisse de l’ISF (l’impôt de solidarité sur la fortune) de 3 milliards d’euros (pour rappel, le rendement de l’ISF en 2016 avant ce cadeau fait aux plus riches représentait pour les caisses de l’Etat un rendement de 5,6 milliards d’euros). Solidarité à l’envers, donc.

Et quid du pouvoir d’achat des locataires qui subiront également la hausse de la CSG, comme les retraités « opulents » qui perçoivent une retraite ô combien mirobolante de 1200 euros mensuels ou un peu plus ?


A Montluçon une motion signée par l’AFOC et les autres acteurs du logement social *(1) qui s’inquiètent de cette mesure qui condamne l’Office Public de l’Habitat (Montluçon Habitat) tout comme le logement social dans son ensemble, sera adressée au premier ministre. Et l’AFOC de l’Allier ne manquera pas d’interpeller les responsables politiques sur les dangers que représente ce projet. Et lors de ses permanences dans les quartiers, d’informer les locataires de ses effets pernicieux .

* (1) Il s’agit avant tout de faire front commun pour persuader le gouvernement de renoncer à un projet irréaliste et dangereux, sans perdre de vue la défense des intérêts des locataires sur un plan local, avec par exemple notre opposition aux hausses de loyers * (2) dans un contexte économique dramatique pour les familles.

* (2) Nous restons opposés aux hausses de loyers qui grèvent lourdement les ressources de foyers déjà modestes en majorité. L’OPH de Montluçon a signé un protocole de redressement avec la CGLLS (Caisse de Garantie du Logement Locatif Social), avec en corollaire de très importantes hausses de loyers, prévus de l’ordre de 2% à 3% par an entre 2016 et 2020, contre lesquelles nous avons voté, en argumentant en particulier sur le fait que le niveau de vie des ménages montluçonnais est inférieur à la moyenne nationale, à la moyenne régionale, et même à celle des autres villes de l’Allier . Le taux de pauvreté atteint ainsi plus de 20 % à Montluçon quand il est de 15% dans l’Allier. De plus une majorité de foyers dans le parc HLM local vit avec des revenus proches ou inférieurs au seuil de pauvreté (environ 900 euros mensuels) (source INSEE).