RETRAITÉS : L’ ÉTAT D’URGENCE SOCIALE ! MANIFESTATION DES RETRAITÉS à MOULINS

, par udfo03

JEUDI 10 MARS 2016

téléchargez le tract de l’UCR FO : 10 mars 2016 / retraité(e)s : l’état d’urgence sociale

Jeudi 10 mars, à l’appel de 6 organisations syndicales

(UCR-FO, UCR-CGT, UNAR-CFTC, UNIR-CFE-CGC, SFR-FSU, UNIR-Solidaires), et trois associations de retraités FGR-FP, LSR, Ensemble et solidaire UNRPA,

les retraités manifestaient dans la France entière leur mécontentement.

Quelques 800 manifestants se sont retrouvés dans les rues de Moulins pour réclamer la revalorisation des retraites et dénoncer la dégradation de plus en plus inquiétante des conditions de vie des retraités. Mais également pour dénoncer le projet de loi El Khomri, dite "Loi Travail", en solidarité avec les salariés. Les manifestants ont bientôt été rejoints par une cinquantaine de lycéens venus les soutenir.

Force Ouvrière a pris toute sa part à la manifestation. Le Président de l’Union Départementale des Retraités a pris la parole pour mettre en avant les revendications de Force Ouvrière, sur des sujets qui n’avaient pas été exprimés précédemment ; en particulier concernant les accords AGIRC-ARRCO, signés avec la complicité du MEDEF et de la CFDT ; la remise en cause de la retraite par répartition, et surtout la remise en cause des pensions de reversion, qui pourtant sont scandaleusement basses (868 € maximum) ; elles concernent principalement les femmes, dont la pension moyenne n’excède pas 993 €.

Il a également insisté sur l’importance de la manifestation interprofessionnelle du 31 mars, conscient que seule une action unitaire (actifs-retraités et jeunes) sera à même d’infléchir cette politique gouvernementale.

Il a ensuite invité les représentants des lycéens présents à prendre la parole à leur tour.

Mais la Préfecture n’a voulu recevoir aucune délégation. Curieuse conception de la démocratie et du dialogue social.

Les retraités sont aujourd’hui en colère. 14% d’entre eux vivent avec moins de 900 € par mois, et ce ne sont pas les 0,1% d’augmentation des pension, dédaigneusement accordés au 1er octobre 2015, qui vont atténuer cette colère légitime.

La "crise" a bon dos ! La réalité c’est que les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

16 millions de retraités en France : gouvernement et patronat s’en inquiètent : ils prennent prétexte de ce constat pour reculer l’âge donnant droit à la retraite, faisant mine d’ignorer que si l’on vit plus vieux c’est que l’on travaille (que l’on travaillait !!!) moins longtemps et moins durement. Il fut un temps où l’âge de la retraite était proche de la fin de vie. C’était avant le Front Populaire, avant le Conseil National de la Résistance et les luttes sociales qui ont parcouru le XXème siècle.

Il faudrait aujourd’hui, au XXIème siècle, renoncer à ces conquêtes et adhérer aux logiques d’austérité ?

Alors que nous constatons qu’elle n’ont jamais favorisé l’investissement ?

Alors qu’elles n’ont pas permis de résorber le chômage ?

Alors qu’elles n’empêchent pas les fermetures d’entreprise ?

Cependant, malgré tous les sacrifices demandés aux citoyens (au nom de la compétitivité, bien sûr !) la dette de la France augmente et les conditions de vie et de travail se détériorent.

MAIS :

Les profits des sociétés du CAC 40 ont fait un bond de 38% au premier semestre 2015

Le chiffre d’affaires de ces sociétés augmente de 3%

Le total des dividendes versés aux actionnaires a été multiplié par 20 ! (Quand la masse salariale ne l’était que par 4,5)

Les retraités veulent vivre dignement une retraite méritée.

Par leur travail, ils ont produit les richesses qui ont permis le développement et la solidarité entre générations. Et n’oublions pas que 4 millions de retraités sont des aidants. Ils s’investissent dans les activités bénévoles, l’aide aux devoirs, les conseils municipaux, de multiples activités d’intérêt général.

Aujourd’hui, ils disent leur exaspération de ne pas être entendus.

Ils réaffirment avec force leurs revendications :

- Un véritable système solidaire pour l’avenir de leur retraite et de leur protection sociale

- l’amélioration du pouvoir d’achat par un rattrapage immédiat de 300 € par mois

- l’indexation des pensions sur l’évolution du salaire moyen et non sur les prix

- aucune pension inférieure au smic pour une carrière complète

- le retour à une revalorisation annuelle des pensions au 1er janvier de l’année, prenant en compte l’évolution des salaires

- le rétablissement de la demi-part fiscale aux veuves et veufs

- l’exonération fiscale de la majoration familiale (trois enfants et plus)

- ne pas toucher aux pensions de réversion

- le développement des hôpitaux et centres de santé publique à partir des besoins de la population

- le restauration de l’assurance maladie

- la suppression des dépassements d’honoraires

- l’affectation réelle de la CASA à la perte d’autonomie et sa suppression à terme par une prise en charge de cette compensation par la Sécurité Sociale

LES RESSOURCES EXISTENT :

- Les exonérations de cotisations sociales accordées au patronat, qui ont représenté 30 milliards d’euros en 2014

- La fraude fiscale qui prive chaque année le pays de 60 à 80 milliards d’euros

- Chaque année, le 8 mars, c’est "la Journée de la Femme"...mais les inégalités de traitement perdurent.

Une étude de la CNAV démontre que l’égalité entre les femmes et les hommes apporterait 5 milliards d’€uros de ressources supplémentaires aux régimes des retraites dès 2015 et permettrait également aux femmes d’avoir de meilleures pensions.

Photos d’illustration : captures d’écran France 3 Auvergne