1 er mai 2013
En ce 1er mai 2013, l’Union Départementale FORCE OUVRIERE et l’ensemble de ses syndicats adresse son salut fraternel à tous les travailleurs.
Le 1er mai, journée internationale de solidarité et de revendications, est l’occasion de faire un point sur la situation des travailleurs et des syndicalistes du monde entier.
Pour ces derniers, le constat est toujours le même, les syndicalistes sont les premières cibles d’oppression, de violence et on décompte encore 75 syndicalistes assassinés en 2012 et encore beaucoup trop menacés de mort ou même en détention.
Partout où les peuples sont menacés dans leur quotidien, en particulier dernièrement en Corée, en Inde mais aussi au Mexique, les syndicalistes sont parmi les premiers à faire l’objet de mesures répressives mais partout les salariés se battent et résistent, défendent leurs conditions de travail et leurs revendications.
Ce jour de revendications est aussi l’occasion de parler encore et encore de cette crise du capitalisme financier qui s’éternise et de cette austérité qui s’installe durablement au plan international, européen et dans notre pays.
Au niveau international, ce sont plus de 200 millions de chômeurs que compte le monde en 2013. malheureusement, c’est loin d’être fini puisque l’Organisation Internationale du Travail prévoit une augmentation de ce nombre de plus de 5 millions en 2013 et de 3 millions en 2014. Ce qui ferait un taux de chômage mondial à plus de 6 % de la population active.
Face à ces chiffres et ce constat, il y a urgence à remettre en cause le modèle capitaliste, libéral et financier. Nul besoin n’est de rappeler ce qu’il continue de se passer en Grèce, en Espagne, au Portugal ou même récemment à Chypre pour en être convaincu !
Au niveau européen, la récession est belle et bien là. Le chômage est à 12 % dans la zone euro et devrait encore progresser à 27 % en Grèce et 26,9 % en Espagne, respectivement 60 % et 55 % chez les jeunes.
Face à cette situation dramatique renforcée par les mesures d’austérité drastiques opérées dans ces pays, FO le répète inlassablement, la résolution de la crise passe par une rupture à trois niveaux : international, européen et national.
Cette crise est une crise de système au niveau international. Elle exige donc des décisions à ce niveau. Concernant les paradis fiscaux, il faut réglementer pour interdire ces « trous noirs » de la finance et de la fiscalité. Les déclarations ne suffisent. Ce sont des actes qui sont attendus. Comment peut-on croire que les peuples subiront l’austérité sans réagir quand certains échappent à l’impôt et que les inégalités se creusent ? Le renforcement de la solidarité syndicale aux niveaux international et européen est donc plus que nécessaire.
Au niveau national, l’austérité ne dit pas son nom mais est belle et bien présente et se répand. La norme dogmatique de 3% de déficit est dangereuse. En France, après avoir augmenté les impôts et réduit les dépenses,on nous explique qu’il faut encore serrer les boulons. Alors que la croissance économique est nulle, que le chômage augmente fortement atteignant le record absolu de 1997, 10,2 %, les dépenses publiques et sociales sont comprimées, accentuant ainsi la rigueur et la récession.
L’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013, transposé dans une loi qui va s’appliquer prochainement, salué par les milieux financiers et la commission européenne, constitue un accord d’accompagnement de cette politique économique d’austérité. Cela justifie pleinement nos appels à manifester les 5 mars et 9 avril derniers et notre pression militante auprès des députés et sénateurs contre la transposition de l’ANI en projet de loi dont nous avons réclamé le retrait.
Si, par rapport au texte de l’ANI, des rectifications ont été apportées au projet de loi voté à l’Assemblée nationale et au Sénat, le fond demeure : plus de flexibilité. C’est notamment l’instauration des accords de maintien dans l’emploi avec baisse possible des salaires et abandon de l’obligation de faire des plans de sauvegarde de l’emploi, mais aussi mobilité interne forcée et raccourcissement des délais de procédures pour les PSE.
Sur des éléments clés liés à la flexibilité, nous ne pouvons en aucun cas être d’accord avec des dispositifs remettant en cause les droits des salariés. On le voit, réforme du marché du travail, réforme ou contre-réforme annoncée sur les retraites, réduction des dépenses publiques, le cocktail libéral est de sortie. Il est de notre rôle devant ce constat de mettre en garde le gouvernement car la remise en cause des services publics, à savoir la MAP qui continue la RGPP, l’acte III de décentralisation, les velléités de durcir les conditions pour la retraite, la facilité des licenciements, la stagnation des salaires, non seulement sont destructrices socialement mais économiquement dangereuses et inefficaces.
A FORCE OUVRIERE, parce que nous appartenons à une organisation syndicale libre et indépendante, nous savons prendre nos responsabilités et si les pouvoirs publics persévèrent dans cette voie, il n’y aura pas d’hésitation à se mobiliser, voire même à convaincre de la nécessité d’une unité d’action. Nous l’avons montré à l’occasion de notre action du 5 mars dernier pour la mobilisation contre l’ANI du 11 janvier et sa transposition législative avec la CGT. Cet appel conjoint à se mobiliser a rassemblé le 5 mars plus de 200 000 manifestants sur l’ensemble du territoire. Mais aussi à l’occasion du 9 avril, autre jour de rassemblements et d’actions, relatif à l’examen et le vote du projet de loi à l’Assemblée nationale.
FO n’a pas de problème avec l’unité d’action quand elle se justifie, quand elle est nécessaire et possible sur la base de revendications claires.
Flexibilité, baisse du pouvoir d’achat et réduction des dépenses publiques et sociales constituent le triptyque d’une politique d’austérité. C’est la flexibilité du social imposée face à la rigidité de la politique économique.
Ainsi, ce que fait le gouvernement en matière de dépenses publiques est révélateur. Avec la MAP (modernisation de l’action publique) qui prolonge et accentue la RGPP, la RéATE 2 qui va accroître la désertification de la présence de l’Etat dans les départements et l’acte III de la décentralisation qui risque, avec la décentralisation à la carte, de balkaniser la république. C’est bien une logique de remise en cause du service public républicain et des valeurs républicaines qui se met en place. Ce que bien entendu, à FORCE OUVRIERE, profondément républicain, nous ne saurions accepter.
Aujourd’hui, en ce jour de solidarité internationale et de revendications sociales, c’est le moment de rappeler l’attachement de FORCE OUVRIERE aux valeurs républicaines, mais aussi de rappeler qu’il nous faut contester avec force et détermination le racisme et l’antisémitisme, ainsi que la xénophobie qui se développent malheureusement en ces temps de crise.
Le 1er mai est toujours aussi l’occasion de rappeler pour FORCE OUVRIERE, notre attachement à la laïcité. Le principe de laïcité est pour notre organisation le respect de la liberté de conscience et la stricte séparation des sphères privées et publiques.
Rappelons encore en ce jour du 1er mai que FORCE OUVRIERE tiendra le rôle d’un vrai syndicat, rôle plus que nécessaire : défendre les garanties collectives et individuelles des salariés, avec détermination, fermeté, responsabilité et indépendance.
Vive le syndicalisme libre et indépendant !
Vive la solidarité internationale des travailleurs !
Vive le 1er mai des revendications !